Je n'ai passé qu'une semaine à New York. Ce travail ne prétend donc pas rendre compte de la ville dans toute sa complexité, mais propose un regard nécessairement partiel et personnel, celui d'un photographe qui tente de saisir quelques fragments d'une réalité immense.
J'arrivais avec quelques idées préconçues, héritées d'un séjour à la fin des années 1980, quand la ville avait encore une réputation dangereuse. Je m'attendais à la retrouver telle quelle. Elle avait pourtant changé.
Ce qui m'a d'abord frappé, c'est la puissance plus que la criminalité. Manhattan semble construit à une échelle qui n'est pas tout à fait celle de l'homme : on y éprouve à la fois admiration et écrasement.
Mais ce sont surtout les gens qui ont retenu mon attention : une foule extraordinairement mélangée, ce melting pot of humanity, où des existences se croisent sans vraiment se rencontrer. C'est l'un des paradoxes de New York : on peut y être entouré de milliers de personnes et pourtant profondément seul, dans cette solitude propre aux grandes villes.
J'ai aussi été frappé par la liberté avec laquelle certains New-Yorkais se présentent au monde, sans se soucier du regard des autres.
Cette ville fatigue aussi : le bruit, le mouvement et la foule ne s'arrêtent jamais. Central Park ou Washington Square deviennent alors de véritables respirations.
Je n'ai pas cherché à photographier les monuments, mais ce qui se passe entre eux : un regard dans le métro, une conversation, une silhouette perdue dans l'immensité. Moins un portrait de New York qu'une tentative de saisir quelques instants de ce que cette ville fait à ceux qui la traversent.



























































